Sermons sous les décombres · 8 octobre · Découvrir
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Les Assises de la cybersécuritéConférence15 octobre 2021

De nos fragilités, faisons une force

33 min

Conférence plénière donnée devant le monde de la cybersécurité réuni à Monaco. Une rabbin face à une salle d'experts de la menace : ce que les héros de la Bible, tous choisis avec leurs failles, ont à dire du risque, du lien et de la sécurité, et pourquoi la vraie résilience n'est jamais un retour à l'état d'avant.

Extraits

« Moïse est en haut de la montagne, en haut du mont Sinaï, pour y recevoir les tables de la Loi, et au-dessus de sa tête il y a, et c'est écrit dans la Bible, un nuage, une nuée dans laquelle Dieu se révèle. Et là, bon sang, mais c'est bien sûr : vous comprenez que Moïse est la première personne qui fait descendre du data depuis le cloud vers une tablette. »

Sa preuve que la cybersécurité est née dans la Bible

« Vous croyez que le monde de la cybersécurité est plutôt masculin, ou qu'on a peut-être du mal à y respecter la parité ? Eh bien, comment vous dire : par rapport au monde de la religion, vous êtes des petits joueurs. »

« Nos métiers sont, pour vous comme pour moi, des métiers religieux au sens étymologique du terme, centrés sur l'idée du religare latin, ce qui relie, littéralement : la force du lien. C'est ça, le sens d'une religion : l'engagement à créer des liens, à créer du liant entre des êtres, entre des temps, entre des générations. »

« Je vous résume la situation : dans la Bible, les héros qu'on imagine incarner la solidité et la promesse de sécurité sont, respectivement, au début de la Genèse, un patriarche stérile, un visionnaire aveugle et un type droit qui boite. »

La séance

La conférence s'ouvre en autodérision : la boîte mail d'une rabbin, remplie de messages qui commencent exactement comme les arnaques classiques, en fait « une très bonne cliente » pour tous les hackers. Puis la démonstration mi-sérieuse mi-joueuse que la cybersécurité est née dans la Bible : Moïse au Sinaï sous la nuée, l'hébreu comme langage codé que des millénaires d'exégèse ne suffisent pas à décrypter. Suivent les points communs entre les deux mondes : la parité, le religare comme métier du lien, et le fondamentalisme comme piratage des textes sacrés. Vient alors le voyage dans le texte : Abraham stérile, Isaac le visionnaire aveugle, Jacob le droit qui boite, Jésus et Mahomet dans leurs blessures, et Moïse le bègue, porte-parole choisi avec sa faute dans le codage du message. La dernière partie démonte le malentendu de la résilience (les cassures ne se rescellent pas, on vit avec le cassé) et s'achève sur la virologie : dix à quinze pour cent de notre génome est d'origine virale, et l'humour juif comme pilier pour rester debout. En clôture, une blague sur le sept barré des dix commandements.