Sermons sous les décombres · 8 octobre · Découvrir
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France InterEntretien6 octobre 2026

Trois ans après le 7 octobre, « Sermons sous les décombres »

Benjamin Duhamel · 10 min

Le 6 octobre 2026, à la veille des trois ans du 7 octobre, Delphine Horvilleur était l’invitée de Benjamin Duhamel dans la grande matinale de France Inter. Au cœur de l’entretien, « Sermons sous les décombres » : ce que la guerre a fait à la parole, le campisme qui somme chacun de choisir son camp, et l’appel à rassembler les voix nuancées.

Extraits

« Les gens qui vous attaquent, ils disent toujours nous. […] Ces gens qui me soutiennent, eh bien, c’est des gens qui parlent à la première personne du singulier. […] Il est temps de fédérer un autre nous, des modérés, des nuancés, des gens qui refusent ces meutes bilatérales qui se ressemblent étrangement. »

Quand Benjamin Duhamel lui demande si elle n’est pas seule

« J’ai senti qu’il était temps de relire et d’essayer de comprendre de façon générale qu’est-ce que la guerre nous a fait, qu’est-ce qu’elle a fait à notre parole, qu’est-ce qu’elle a fait à nos âmes, qu’est-ce qu’elle a fait à notre discours. »

Pourquoi ce livre, trois ans après « Comment ça va pas ? »

« Je suis incapable d’aller dans une manifestation où il n’y aurait qu’un seul drapeau. Je n’ai pas envie d’être entourée de gens qui ne sont pas capables de voir la douleur humaine, quelle que soit sa couleur, quelle que soit son ethnie. »

Là où la guerre a réveillé le tribalisme, l’effet inverse

« Il fallait parler par amour d’Israël, par sionisme, ce que je suis. Je continue de me définir ainsi. […] J’ai au contraire le sentiment que cette prise de parole constitue une fidélité, une fidélité à des valeurs auxquelles je crois, une fidélité à l’humanisme, on va dire, mais une fidélité aussi à une tradition juive d’autocritique. »

Sur son texte de mai 2025 et les attaques venues des deux camps

La séance

Dix minutes en quatre temps. Le livre d’abord, relu à la lumière de trois années de guerre, et ses angles morts : le temps mis à nommer la douleur de l’autre camp. Puis 2025, les familles d’otages, et le texte de mai sur la « faillite morale » d’Israël, attaqué des deux côtés. Ensuite le mot « génocide », lu comme un shibboleth : un mot exigé pour désigner un camp. Enfin la campagne présidentielle, et l’échiquier politique vu comme un cercle où les extrêmes se touchent.