Podcast PAUSEPodcast26 juin 2026
Foi, deuil, humanité : les grandes leçons de Delphine Horvilleur
Alexandre Mars · 1 h 35 min
Grand entretien avec Alexandre Mars pour le podcast PAUSE. Une conversation sur le doute et la complexité : l’histoire familiale, le deuil, la foi, l’antisémitisme, la place des femmes, et ce qui fait de nous des êtres humains.
« Les gens, souvent, pensent que dans la vie il faut s’appuyer sur du solide pour continuer. […] Et moi, je crois exactement l’inverse. Je crois que souvent, on avance dans la vie quand on reconnaît les sables mouvants de l’existence, quand on voit que justement il y a plein de cassures dans nos vies et qu’on va se construire en composant avec ces failles. »
« Je ne crois pas au destin, mais je crois aux signes. Je ne crois pas qu’on ait jamais dit le dernier mot de qui on pourrait être. »
« La première chose qu’on dégomme en temps de guerre ou en temps de crise, ça a toujours été vrai dans l’histoire, c’est les ponts. Il faut casser tout ce qui fait jonction pour être un peu plus, pense-t-on, en sécurité dans son groupe. Et donc quiconque essaie de bâtir des ponts est perçu au choix comme un niais, un naïf, ou comme un traître. »
« Quand je parle, c’est parce que je ne peux pas me taire. En fait, je ne saurais même pas comment commencer à le faire. »
« Je dois être suffisamment forte pour ne pas m’effondrer à leur place. […] Mais je ne peux exercer cette fonction que si je suis moi-même suffisamment brisée. C’est-à-dire qu’il y a en moi des cassures, des failles qui me permettent d’entrer en résonance avec ce que des gens vivent. »
« Qu’est-ce qui fait que les radicalités utilisent toujours le nous, alors que la majorité silencieuse n’utilise que la première personne du singulier ? »
La séance
Une heure trente-cinq d’entretien où Alexandre Mars remonte le fil d’une vie. Une enfance heureuse à Épernay, traversée pourtant par deux récits inconciliables : les Justes qui sauvent d’un côté, Auschwitz et le silence des grands-parents de l’autre. Puis les bifurcations : la médecine en Israël, abandonnée après l’assassinat de Rabin, le journalisme, et à New York un cours sur Abraham qui ouvre une porte. Viennent le deuil et son langage cassé, les bols japonais aux fissures dorées, le doute préféré à toute certitude, et l’après 7 octobre : les ponts qu’on dégomme, la tribune de mai, les attaques venues des deux bords. En contrepoint, des voix complices : le père Nicolas, son frère David, sa fille, et un certain Schmulik.