Sermons sous les décombres · 8 octobre · Découvrir
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Radio ClassiqueEntretien8 octobre 2026

« Apprendre à vivre avec la cassure »

David Abiker · 13 min

Le 8 octobre 2026, le jour où « Sermons sous les décombres » arrive en librairie, Delphine Horvilleur était l’invitée de David Abiker dans la matinale de Radio Classique. Treize minutes sur les angles morts que révèle la relecture, la parole prise entre deux meutes, la vitalité retrouvée de la vie juive, et ce que veut dire pardonner.

Extraits

« Dans la tradition juive, le pardon n’a pas du tout cette valeur-là. Le pardon, c’est une façon de dire : ce qui s’est passé s’est passé, et on pourra pas effacer, on pourra pas ressusciter, on pourra pas réparer. Quelque chose est brisé et il va falloir […] apprendre à vivre avec la cassure, avec la faille, avec ce qui ne sera plus. Mais c’est tout l’enjeu de ce livre. Regarder les décombres et se dire que peut-être, on a un espoir de s’en relever, mais à condition de se regarder dans une glace et à condition de le faire ensemble. »

Quand David Abiker lui demande si l’on peut pardonner le 7 octobre

« En relisant mes discours, je vous avoue que ça a été dur. […] J’avais une envie forte d’ajouter un petit mot, de moduler ma pensée, de la modérer. Je me suis interdit de le faire parce que je voulais que d’autres soient témoins, comme je l’étais, de là où ma douleur m’avait emmenée. »

Pourquoi elle n’a rien retouché aux sermons de 2023 et 2024

« Aujourd’hui, il y a une vitalité de la vie juive qui, paradoxalement, […] est suscitée par le 7 octobre. […] Je rencontre bien des gens qui me disent : je refuse que ma seule expérience de mon identité juive soit une expérience douloureuse et de peur. Je veux que ce soit une expérience de vie, une expérience d’étude. »

À qui lui prédit la fin de la communauté juive en France

« On a vu pendant quelques jours que soufflait sur notre pays un vent d’empathie. C’est pas commun. […] Les réseaux sociaux, c’est la vitrine d’une incapacité à se parler, à faire de la place à l’autre, à écouter l’autre. Et on a vu que soufflait sur notre pays un vent, une volonté d’empathie qui devrait tous, quelle que soit notre confession, nous inspirer. »

Sur la visite du pape en France

La séance

Treize minutes, le matin de la sortie du livre. D’abord ce qu’est un vrai débat, et le « nous » qui fait taire le « je ». Puis le traumatisme du 7 octobre, l’aveuglement qu’il produit, et un monde qui n’a pas envoyé l’empathie attendue. Ensuite la relecture des sermons, sans rien y retoucher, et le tournant du printemps 2025 qui lui vaut des attaques venues des deux camps. Le mot « génocide », lu comme un shibboleth. Enfin la vie juive en France, la visite du pape, et le pardon.