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Sciences PoDébat29 mars 2024

En parler autrement : dialogue avec Kamel Daoud

Dialogue avec Kamel Daoud · 1 h 42 min

Au lendemain du 7 octobre, une rabbin et un écrivain algérien choisissent de se parler, publiquement, à Sciences Po. Sur les conditions du dialogue, ses limites, les fantômes qui parlent trop fort, et ce que la guerre fait aux mots.

Extraits

« La condition du dialogue, c’est toujours, si on devait la résumer en une phrase, l’acceptation que dans la rencontre avec un autre, on va être altéré au sens étymologique du terme : cesser de parler avec des slogans et accepter que quelque chose en nous s’altère, non pas s’abîme, mais devient autre. »

« On ne peut pas parler à partir du moment où l’autre nie votre droit à l’existence. C’est assez basique, vous en conviendrez, mais je considère que c’est une base de discussion. »

« Ce « mais », qui sert souvent à tenter de contextualiser, est en fait toujours une volonté de relativiser l’empathie, comme si on évacuait l’autre conjonction de coordination, la seule à mon sens non abjecte dans ce débat, qui est le « et ». »

Sur les phrases entendues depuis le 7 octobre

« Il y a des bascules violentes historiques quand on réduit le pouvoir des mots. Quand tout à coup un mot ne veut plus dire qu’une seule chose, quand il n’y a plus de place pour l’exégèse, pour l’autre lecture, alors oui, on est dans une société violente. »